Edito

La saison prochaine

Pour sa 6e saison, le boson poursuit son exploration de l’intime avec la conviction renouvelée de sa nécessité : un monde à la fois plus complexe et sans balise idéologique demande à chacun de développer son propre jugement pour agir; mais la raison seule peine à s’y retrouver et l’émotionnel toujours plus sollicité nous fait tournoyer comme des girouettes et souvent perdre la tête. On peut alors partir à la recherche de lieux où se retrouver face à soi-même, où se reconnecter avec ce que l’on ressent profondément. Certains feront le choix de la méditation ou d’un voyage en solitaire. D’autres iront au théâtre car, dans ce face à soi, il est bon parfois de ne pas être seul, il est bon parfois d’échanger avec un(e) inconnu(e) qui était assis(e) juste à côté de vous pendant le spectacle, histoire de se souvenir qu’on n’est pas seul dans cette interrogation, qu’on est pas seul sur ce chemin.

Le boson vous invite à quatre rendez-vous, deux créations et deux accueils.

Avec Babetida Sadjo et son magnifique « Les murs murmurent », nous plongeons au cœur d’une relation d’amour où les mots vrais d’une fille à son père absent se mêlent à la terre rouge d’Afrique baignée de larmes et d’espoir.

Benoît Verhaert nous emmène, lui et ses quatre musiciens, dans les tréfonds d’une boîte de jazz new-yorkaise où se déroule une « Wild Party » sans pudeur ; ça boit, ça sniffe, ça pleure et ça touche ! Une histoire faite autant de mots que de notes, avec Greg Houben et son quartet.

On reste dans la cave et avec Benoît Verhaert, pour sa création des « Carnets du sous-sol » de F. Dostoïevski, avec Céline Peret ; Souffrant d’une misanthropie pathologique, un homme s’est retiré du monde. Depuis 20 ans dans sa cave, cette taupe humaine ressasse sans cesse le souvenir de l’échec de sa vie : une femme, brebis égarée qu’il aurait voulu ramener dans le troupeau.

La compagnie des bosons présente sa nouvelle création « Amour(s) », avec Isabelle Defossé, Marouan Iddoub et deux autres comédiennes (distribution en cours). « Amour(s) » est l’histoire d’un homme qui ne s’est pas conformé ; c’est l’histoire d’un homme authentique et de son amour hors du commun pour une inconnue qui l’a abandonné quand il avait 8 jours : sa mère. J’adapterai avec l’équipe artistique les lettres poignantes de Paul Léautaud à sa mère (Editions Mercure de France).

Et nous continuons avec passion notre soutien à la création en offrant des résidences créatives et administratives aux artistes que nous découvrons au fil de nos explorations… 

 

Bruno Emsens