Saison 16/17

Edito

Entre les gouttes, les matchs de l'euro et les secousses européennes, nous voici à l'orée d'un quatrième été que nous espérons reposant et ensoleillé.

On peut rêver.

Il faut même.

Les événements de cette année nous ont touchés dans notre intimité, tragiquement pour certains. J'ai senti le besoin de nous rapprocher, particulièrement au lendemain des attentats de Paris où nous avons joué, seuls à Bruxelles, "L'homme du hasard" : il y avait au boson ce soir-là une atmosphère particulière, comme si nous étions tous d'une même famille. D'où ma conviction renforcée que l'exploration de l'intime est nécessaire, d'autant plus que le monde extérieur se complexifie au point, parfois, de mettre en doute nos convictions et nos valeurs...

Au boson, en tout cas, on ne se laisse pas abattre: le théâtre de l'intime poursuivra son exploration attentive de l'humain d'aujourd'hui (et de toujours), avec un frémissement sous-jacent tout au long de notre prochaine saison, celui de l'amour, qui nous donne des ailes, qui nous fait rêver ou qui nous déchire.

Juste après la remise des Prix de la Critique où l'on croise les doigts pour Catherine Salée (nominée meilleure comédienne pour "Trois ruptures"), Julie Duroisin et Nicolas Luçon nous plongeront dans l'univers aliénant du travail avec "Les dactylos" et "Le tigre" de M. Schisgal, un diptyque décalé et décapant, avec final inattendu en forme de cœur.

Ensuite, pour la première fois, nous accueillerons une production extérieure, "Les murs murmurent" de et avec Babetida Sadjo, un déchirant cri d'amour d'une fille à son père au cœur d'une Afrique de terre rougie.

Bruno Emsens