Caroline Corme

En creux

Résidence d'écriture

Au départ de ce projet il y a, comme souvent chez moi, une curiosité documentaire, anthropologique même, pour l'humain d'abord et pour tout ce qui a trait à ce que l'on nomme le fait divers et qui rassemble en son spectre les vols de tondeuses et les viols en réunion.

Ces dernières années sont un symbole de libération de la parole en ce qui concerne les violences conjugales, pourtant les choses ne changent pas vraiment, ou peu, et les victimes actuelles se taisent encore, trop, souvent. J'ai donc commencé un travail autour de ce sujet via un projet d'exposition/ performance intitulé Paysages de l'amour.

Car souvent c'est d'abord d'amour dont il s'agit.  

Je me suis intéressée ensuite à ces femmes qui, arrivées à un certain stade, passent le pas et dans un accès de fureur, de folie ou de lucidité pour leur survie commettent l'irréparable. Jacqueline Sauvage, Jessica Lange, et bien d'autres qui à un moment ont riposté.

Et c'est précisément de ce moment de bascule, de cette vérité sur le fil dont il s'agit. Raconter ce qui dans une vie d'horreur est d'abord un amour humain. Raconter comment la victime devient un assassin sans passer à côté de la complexité de cette situation et sans omettre toute l'absurdité d'un corps social qui n'écoute pas, ou trop tard.